Programme


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Année : 2011


Programme susceptible de modifications

 

 Présentation du festival 2011 par Michel ELOY

  

LE COLOSSE DE RHODES

 HERCULE A LA CONQUETE DE L'ATLANTIDE

   LES HORACES ET LES CURIACES

 LES DERNIERS JOURS D'HERCULANUM

 en raison des prévisions météorologiques défavorables AGORA sera projeté SAMEDI 27 AOUT à 21H au THEATRE ANTIQUE

 Billetterie

 

 Lundi 22 août :   LE COLOSSE DE RHODES

Réalisé par Sergio Leone en 1960, 122 minutes

Avec Rory Calhoun, Georges Marchal, Lea Massari  

Alors qu’il est en visite dans la magnifique île grecque de Rhodes, le séduisant Athénien Dario se trouve mêlé à une violente révolte fomentée contre le tyran Xercès.Celui-ci se réfugie alors à l’intérieur du célèbre colosse d’airain gardant l’entrée du port. De cette imprenable forteresse, il catapulte du plomb en fusion sur ses assaillants au courage sans limites.La situation semble alors bien compromise pour eux, mais les dieux de l’Olympe vont bientôt intervenir et renverser la situation à l’avantage des rebelles…

 

Mardi 23 août : HERCULE A LA CONQUETTE DE L'ATLANTIDE

Réalisé par Vittorio Cottafavi en 1961, 100 minutes.

Avec Reg Park, Fay Spain, Ettore Manni

Fatigué et vieilli, Hercule n’aspire qu’au repos, à Thèbes, sa ville natale, gouvernée par son jeune fils Androclès. Ce dernier, alerté par Tirésias d’un grave danger, embarque son père malgré lui dans de nouvelles aventures. En mer, Androclès est emporté par une
tempête violente. Hercule découvre alors l’île mystérieuse de l’Atlantide, dirigée d’une main de fer par la sublime Antinéa. Il y retrouve Androclès, dont le comportement étrange l’inquiète…

La projection sera précédée de démonstration de combats antiques par la troupe d’ACTA.

 

Mercredi 24 août : LES HORACES ET LES CURIACES

Réalisé par Terence Young en 1961, 90 minutes.

Avec Alan Ladd, Franca Bettoja, Franco Fabrizi

 Rome, VIIe siècle avant J.-C. Sous le règne de Tullus Hostilius, l’orgueilleuse cité s’oppose depuis sept ans déjà à Albe, sa rivale. Dans une échauffourée, Horace, le plus valeureux des Romains, est fait prisonnier. Pire, il est suspecté de traîtrise par les siens. Et pourtant, son soutien serait bien utile à Rome. En effet, les Dieux ont imaginé une façon terrible de départager les deux camps : deux fratries de trois frères devront s’opposer en duel, les Horaces pour Rome, et les Curiaces pour Albe. Les vainqueurs auront le pouvoir absolu sur l’autre peuple.

 

Jeudi 25 août : LES DERNIERS JOURS D'HERCULANUM

Réalisé par Gianfranco Parolini en 1962, 94 minutes

Avec Brad Harris, Mara Lane, Susan Paget

Rome, 79 après J.-C. Empereur vieillissant, Titus connaît les dernières années de son règne. Partout, dans la cité, des complots visent à précipiter sa fin. Seul Marcus Tiberius, son neveu, et une poignée de quelques sénateurs fidèles défendent le pouvoir légitime contre les ambitions de Sextus Tirteo, administrateur du trésor public et riche marchand d’esclaves. Chrétiens clandestins, gladiateurs en révolte et même un volcan en éruption, Marcus Tiberius n’aura pas trop d’alliés pour déjouer les noirs desseins de Tirteo.

 

Vendredi 26 août : AGORA projection reportée au samedi 27 août à 21 heures au théâtre antique

Réalisé par Alejandro Ameñabar en 2009, 122 minutes  (Déconseillé aux moins de 12 ans)

Avec Rachel Weisz, Max Minghella, Oscar Isaac

IVe siècle après Jésus-Christ. L'Egypte est sous domination romaine. A Alexandrie, la révolte des Chrétiens gronde. Réfugiée dans la grande bibliothèque, désormais menacée par la colère des insurgés, la brillante astronome Hypatie tente de préserver les connaissances accumulées depuis des siècles, avec l'aide de ses disciples. Parmi eux, deux hommes se disputent l'amour d'Hypatie : Oreste et le jeune esclave Davus, déchiré entre ses sentiments et la perspective d'être affranchi s'il accepte de rejoindre les Chrétiens, de plus en plus puissants...

 

 Pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous avons été contraints de déprogrammer le film CENTURION et de proposer en lieu et place LE COLOSSE DE RHODES*.

Présentation du Festival 2011 par Michel ELOY,

journaliste et spécialiste de l'antiquité au cinéma.

 

 Sans doute la programmation du Festival n'aura jamais aussi bien serré l'actualité qu'en cette XXIVe édition. Jugez-en : un cataclysme volcanique, une catastrophe nucléaire, un monde qui s'effondre et une guerre qui s'enlise...

 
Cataclysme volcanique : à l'éruption du volcan islandais Eyjafjöll l'année passée, et plus récemment le Grimsvötn, qui paralysa plusieurs semaines notre trafic aérien, répond l'indémodable Vésuve dont la fureur sonna le glas pour quatre cités de Campanie, dont Herculanum et Pompéi (Les derniers jours d'Herculanum). Une catastrophe nucléaire : au tremblement de terre qui secoua le Japon et ses usines nucléaires de Fukushima-Daiichi, réplique l'engloutissement de l'Atlantide par la désintégration de la «Pierre d'Uranus» (id. est «uranium») (Hercule à la conquête de l'Atlantide). Un monde qui s'effondre : aux révolutions démocratiques [?] qui secouent le monde arabe — Tunisie, Egypte, Libye et Syrie — fait écho, de toute évidence, celle qui dans le monde romain, désormais chrétien, mit fin au paganisme (spécialement par la fermeture de l'université d'Alexandrie et le lynchage de la philosophe Hypatie, en 415) (Agora). Une guerre qui s'enlise : enfin, les conflits d'Irak et d'Afghanistan qui semblent stagner peuvent trouver un lointain écho dans les déboires que connurent les légions romaines à conquérir le territoire des Pictes (Nord de l'Ecosse) (Centurion). L'Histoire se répète, dit-on. En tout cas, il est à noter que sur les cinq films présentés cette année-ci, deux sont tout récents : Agora est de 2009 et Centurion de 2010. Ce qui nous offre l'occasion de rappeler que tout film est, avant tout, un témoin de l'époque où il a été conçu — y compris, bien entendu, ceux qui prétendent nous rappeler des événements historiques survenus voici 2.000 ans ou davantage.
 
                                                           ***
 
1.         Rome, unique objet de mon ressentiment
            Rome à qui vient ton bras d'immoler mon amant !
            Rome qui t'a vu naître et que ton coeur adore !
            Rome enfin que je hais parce qu'elle t'honore !
                (Corneille, Horace, v. 1301 sq.)
 
Heureusement, dans toute cette déréliction, il nous reste le cinquième élément de la précitée fête, Les Horaces et les Curiaces (Orazi e Curiazi) (Terence Young, 1961). Un petit fragment du répertoire classique — revu par Cinecittà —, toujours rassurant, et qui nous porte à espérer que ce Vieil Occident assiégé résistera à la déferlante de fanatisme religieux qu'Agora vient de rappeler à notre vigilance.
Tourné en 1961 par Terence Young avant qu'il ne porte sur les fonts baptismaux le mythe 007 (Doctor No, 1962; From Russia with Love, 1963; Goldfinger, 1964 etc.), avec dans le rôle d'Horace... Alan Ladd, un poor lonesome cow-boy qu'on n'aurait jamais imaginé en héros romain. Has been venu à Rome finir une carrière cinématographique déjà bien remplie (de l'autre côté de l'Atlantique, s'entend).
On imagine à peine ces querelles villageoises qui au VIIe s. opposèrent la Rome du roi Tullus Hostilius (672-640) à sa voisine Albe-la-Longue (dont étaient du reste originaires Romulus et Remus, les fondateurs de Rome). On n'a jamais retrouvé les vestiges d'Alba Longa — a-t-elle seulement jamais existé ? Mais on la situe théoriquement à l'emplacement de Castelgandolfo, la résidence d'été des Papes.
 
2. Autre grand classique du péplum, Hercule à la conquête de l'Atlantide (Ercole alla conquista di Atlantide) (Vittorio Cottafavi, 1961) dont la superbe photographie, signée par Carlo Carlini, fut à l'époque primée en festival. Dans le rôle d'Hercule : Reg Park, champion culturiste et éternel rival de Steve Reeves «Mr. Universe 1950» (Park se contentant de la deuxième place). Mais pour Reg Park, ce ne fut que partie remise puisqu'il remporta le titre convoité l'année suivante. Metteur en scène de théâtre pour la RAI, Cottafavi a pour le cinéma signé toute une brillante série de mélodrames en costumes. Hercule à la conquête de l'Atlantide est une brillante synthèse de mythologie et de science-fiction, qui récupère habilement le mythe hésiodique d'Uranus, le dieu du Ciel, mutilé et chassé de l'empyrée par son fils Cronos. Du sang de sa blessure tombé sur la terre naquirent les Géants. Cottafavi a fait de ceux-ci une race de surhommes mutants, troupe de choc de l'Atlantide qui s'apprête à conquérir le monde. Toute la puissance du continent légendaire est enfermée dans le «feu blasphématoire» de ce caillot du sang d'Uranus, que la reine Antinéa cache dans les entrailles de la terre.
 
3. On descend d'un cran avec La destruction d'Herculanum (Anno 79 D.C : La distruzione di Ercolano) (Gianfranco Parolini, 1962), démarque du film de Sergio Leone et Mario Bonnard Les derniers jours de Pompéi (1959). Parolini s'est signalé comme un honnête artisan du péplum, signant notamment Hercule se déchaîne et Samson contre Hercule avec son acteur fétiche le culturiste Brad Harris et, assez inattendu, dans le rôle du traître Serge Gainsbourg. Oui... Gainsbarre ! Hélas toutefois, pas de Gainsbarre dans cette sombre histoire de rebelles «carthaginois» et de complot dirigé contre l'empereur Titus. Bizarre. Historiquement, Titus — «les Délices du genre humain» — venant de raser Jérusalem dix ans plus tôt, on aurait plutôt vu des zélotes commis à cet emploi...
Après la vogue du péplum et quelques westerns spaghetti, Parolini — alias Frank Kramer — et Brad Harris se reconvertiront dans le polar, en Allemagne (notamment la série Komissar X).
 
4. Des quatre légions qui conquirent l'île de Bretagne en 43 de n.E. et y demeurèrent en occupation, l'on perdit trace de l'une d'elles aux alentours de 120 de n.E. : la IX Hispana. De là à supposer qu'elle fut exterminée quelque part en Ecosse, dans les Lowlands, voire dans les Highlands... En effet, ce fut à ce moment que l'empereur Hadrien entreprit la construction du fameux mur qui porte son nom, séparant la Bretagne romaine (qu'on n'appellait pas encore «Angleterre») du barbaricum des Pictes, au Nord. Ceci constituant peut-être l'explication de cela.
C'était une conception du XIXe s. Depuis lors, on a retrouvé aux Pays-Bas des briques estampillées de la IXe postérieures à cette date. Reste une belle légende historique qui a inspiré la romancière Rosemary Sutcliff : on avait retrouvé à Silchester (Calleva Atrebatum), une Aigle légionnaire romaine sans ailes. Il y eut diverses interprétations pour expliquer comment elle était arrivée là, et la romancière en tira un roman en 1954. Ce fut ensuite un feuilleton TV en 1976, Eagle of the Ninth (Michaël Simpson, BBC2 Scotland), puis deux films de cinéma : Centurion (Neil Marshall, 2010) et Eagle of the Ninth (Kevin Macdonald, 2011). Le spectaculaire film de Neil Marshall arrive à une conclusion pessimiste bien dans l'air de notre temps — aucun Etat n'aimant à reconnaître ses échecs, en particulier ses échecs militaires...
 
5. Et nous arrivons au film le plus polémique du festival. On ne comptait plus les péplums montrant la persécution des chrétiens par les Romains, aussi Agora (Alejandro Amenabar, 2009) fait-il un peu l'effet d'un OVNI dans le ciel de celluloïd. En 391, un catholique convaincu, l'empereur Théodose dit «le Grand», interdit les cultes publics païens. Désormais du bon côté du manche et forts de leur impunité, les chrétiens d'Alexandrie saccagèrent le Temple de Sérapis — le dieu protecteur de la ville — et l'annexe de la célèbre bibliothèque qui en fait partie. Or Alexandrie était le siège d'une université néo-platonicienne réputée, dirigée par le philosophe Théon et sa fille et disciple Hypatie, femme philosophe, mathématicienne et astronome. Malheureusement, l'esprit frondeur des Alexandrins était rebelle à l'autorité de la nouvelle capitale de l'Empire d'Orient, Byzance — en l'occurrence représentée par le préfet augustal Oreste soucieux de ménager la paix entre chrétiens querelleurs et les communautés minoritaires païennes et juives. Hypatie eut le tort de se trouver au mauvais endroit et au mauvais moment. S'appuyant sur des milices fondamentalistes, les para­ba­la­nai (que le film présente comme les Talibans de l'époque), l'évêque d'Alexandrie saint Cyrille — le fondateur de l'Eglise copte — la fit tomber dans un traquenard. Violée puis lynchée par les chrétiens fanatiques, Hypatie fut dépecée vivante et des morceaux de son corps furent traînés dans toute la ville.
 
Il est amusant de noter qu'il existe une version chrétienne à la tragique histoire d'Hypatie, celle — purement légendaire — de sainte Catherine d'Alexandrie ! C'était sa voix et celle de sainte Marguerite qu'entendait Jeanne d'Arc à Domrémy. Cette jeune vierge chrétienne et lettrée fut demandée en mariage par l'empereur romain païen Maximien, ce à quoi elle se refusa. Elle fut mise à broyer dans une machine dont La légende dorée nous décrit le mécanisme avec délectation ! Finalement décapitée, des anges emportèrent son corps dans le Sinaï où des moines, qui trois siècles plus tard la retrouvèrent intacte, fondèrent en son honneur le célèbre couvent de Sainte-Catherine du Sinaï. Si bien que sa fête autrefois célébrée le 25 novembre a, depuis 1969, été retirée du calendrier romain. Un film vient néanmoins de lui être consacré, réalisé par Michael Redwood et Ilyas Kaduji, Katherine of Alexandria (avec Nicole Madjarov dans le rôle-titre et Peter O'Toole). Comme quoi le péplum a encore de beaux jours devant lui...
 
 
* Sergio Leone rêvait déjà de western. Toutefois, ses solides références d'assistant sur toutes les scènes à large figuration des grands péplums américains tournés à Cinecittà (Hélène de Troie, Ben Hur), voire de scénariste (Sous le signe de Rome), lui valurent de se voir confier la réalisation du Colosse de Rhodes. Le Colosse de Rhodes, qui nous fera admirer l'une des Sept Merveilles du Monde, a donc pour contexte la Grèce hellénistique. Celle des généraux d'Alexandre qui se sont partagés le monde oriental, répandant la culture grecque mais se faisant la guerre entre eux, opposés dans d'inexpiables rivalités.
Dans ce film, Leone entreprend de démonter par la parodie tous les poncifs du genre. Et il le fait si subtilement que son ton ironique ne gène nullement l'amateur du genre.
Il reste un film étonnant, à la limite de la science-fiction dans sa reconstitution fantasmatique d'un colosse d'airain de 110 m de haut, machine de guerre défendant le port de Rhodes avec ses nombreux aménagements intérieurs garnis de catapultes. Brandissant un luminaire qui fait aussi de lui un phare signalant l'île au loin, le colosse du film est celui de la légende, enjambant l'entrée du port, les trirèmes se faufilant entre ses jambes. En fait, pour des questions de résistance des matériaux, une telle attitude aurait été impossible; et du reste, le véritable colosse ne mesurait guère plus de 30 m de haut. Il avait été dédié à Hélios, le Soleil, dieu protecteur de l'île, en remerciement d'avoir en 305 défendu la ville assiégée par le roi de Macédoine Démétrios le Poliorcète («le Preneur de Villes»). En vérité, Rhodes fut surtout défendue par l'astuce de l'ingénieur Charès de Lindos, qui enraya l'assaut de la grande helépole - une tour de siège haute de quarante mètres -, en inondant devant elle la plaine, où elle s'embourba.
Cette machine de guerre servit d'échafaudage à Charès - toujours lui - pour la construction du colosse. Le fer et le bronze récupérés du matériel de guerre abandonné par Démétrios, en fournirent la matière première. Dans le film de Leone, le Colosse est confondu avec la machine de guerre elle-même, avec ses batteries d'engins d'artillerie.
 
 

 BILLETTERIE

Boutique du Festival : ancienne poste, place de la République (10h - 18h30)
Guichet du Théâtre antique, à partir de 20h30 le soir de la projection

Plein Tarif : Par soirée : 6,50 € / Abonnement aux 5 films : 26 €

Tarif réduit : Par soirée : 3 € / Abonnement aux 5 films : 12 €
 Enfants (moins de 12 ans)
 Titulaire de la carte de membre de l’association Peplum ou Arelate, journées romaines d’Arles
 Détenteur d’un pass délivré par la ville d'Arles pendant le festival (passeport Avantage arlésien exclu)

 Détenteur d'un billet d'entrée au Musée Départemental Arles Antique (daté du même jour) (sauf abonnement)
 

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