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Festival Peplum - Programme

Programme


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Année : 2010


 23 au 27 août 2010

Projections sur grand écran et en plein air, théâtre antique d'Arles à 21 heures.

 BILLETTERIE

Boutique du festival - place de la Mairie de 10h à 18h30

Guichet du théâtre antique, à partir de 20h30 le soir de la projection

TARIF

Soirée : Plein tarif : 6,50€ / Tarif réduit : 3 € (Moins de 12 ans - Titulaire de la carte de membre de l'association Peplum ou Arelate - Détenteur du pass Avantage, pass Liberté et Arelate délivré par la ville d'Arles pendant le festival - Détenteur d'un billet d'entrée au MDAA (billet daté du même jour))

Abonnement aux 5 films : Plein tarif : 26 € / Tarif réduit : 12 € (Moins de 12 ans - Titulaire de la carte de membre de l'association Peplum ou Arelate)

 PROGRAMMATION

Lundi 23 août : LA DERNIÈRE LÉGION

Réalisé par Doug Lefler en 2006 / 98 minutes

Avec Colin Firth (Aurelius), Ben Kingsley (Ambrosinus), Aishwarya Rai (Mira)...

Eté 476. L'Empire d'Occident s'effondre sous la poussée des Barbares, que conduit Odoacre, roi des Hérules, lequel revendique pour sienne un tiers de la péninsule italienne. L'ancien secrétaire d'Attila, le général Oreste et son épouse Julia sont assassinés à rome. Epargné par le conquérant, son fils de douze ans - le jeune empereur Romulus augustule - est relégué dans un ancien palais de tibère, à Capri. Avec l'aide de son protecteur Aurelius, tribun de la IVe légion, il réussit à s'en évader et, accompagné de celui-ci et du devin Ambrosinus, il prend la route de l'exil... et de l'île de Bretagne - Byzance ayant fait alliance avec les conquérants barbares. Là ils rallient les dernières troupes loyales de la IXe légion, engagées dans une lutte sans merci contre les envahisseurs saxons...

 

Mardi 24 août : LE PRINCE D'EGYPTE

Long-métrage d'animation américain produit par DreamWorks Pictures en 1998 / 99 minutes

Le pharaon Séti, qui règne sur le prospère royaume d'Egypte, est inquiet. Non seulement les hébreux sont de plus en plus nombreux sur ses terres, mais en outre, ils sont irréductibles et réfractaires à la religion de leurs maîtres. Une nuit, pour mettre un terme à cet état de rébellion larvée, il ordonne à ses soldats de passer par le fil de l'épée tous les nouveaux-nés d'origine juive. Tous périssent, sauf Moïse, que sa mère a placé dans un panier et laissé dériver sur le Nil, jusqu'au palais de la Reine et de son fils, Ramsès. Quinze années passent : les deux jeunes princes grandissent dans le palais de Thèbes, où ils mènent une existence fastueuse, partagée entre les devoirs religieux, les campagnes militaires... et des fêtes interminables dont Ramsès et Moïse sont les rois insouciants. A l'occasion d'une fête, Ramsès reçoit de son père Pharaon une esclave bédouine, Tzipporah, qui se révèle si peu docile qu'il la cède à son frère. Dès leur première confrontation, Moïse se sent irrésistiblement attiré par la captive. Il n'en montre rien, mais le jour où elle prend la fuite, non seulement il ne l'empêche pas mais il facilite même sa fuite, certain qu'il la retrouvera en d'autres circonstances...

 La projection sera précédée d'une présentation d’un mouvement d’ensemble Grecs contre Romains, par la troupe d’ACTA.

 

Mercredi 25 août : MACISTE ET LES 100 GLADIATEURS

Réalisé par Mario Caiano en 1964 / 103 minutes

Avec Mark Forest (Maciste), Marilù Tolo (Olympia), Elisabetta Fanti (Livia)…

Sitaface est le Chef redoutable des prétoriens ; il a la charge de rendre toujours plus difficiles les combats du gladiateur Maciste, champion de César, qui, à chaque fois, triomphe au grand enthousiasme de la foule. Au cours d'un festin en son honneur, paraît Eunice qu'elle invite dans sa villa. César provoque les deux rivaux en un combat où Maciste est vainqueur malgré les coups déloyaux de Siface. Se rendant chez Eunice, Maciste sauve une jeune fille assaillie par deux soldats. Cette jeune fille s'appelle Sylvia ; elle est chrétienne et émeut Maciste par sa beauté. Dans sa villa, Eunice tente de conquérir Maciste par tous les moyens de son art, mais celui-ci, tout à sa préoccupation du sort de sylvia, reste sourd à ses avances et, en s'excusant, quitte sa demeure. Maciste court à la maison de Sylvia et conseille  à celle-ci et à ses parents de quitter cet endroit, Sylvia le rassure en lui disant qu'ils allaient se réfugier dans les catacombes avec d'autres chrétiens. De retour chez lui Maciste tombe sur des soldats venus l'arrêter pour avoir tué deux soldats et libéré une chrétienne. La loi de Rome est très sévère et le condamne à mort. Maciste se défend en disant qu'il ne pouvait connaître la religion de cette femme et qu'il avait tué les deux soldats parce que ceux-ci l'avaient attaquée. Alors César décide de s'en remettre aux dieux et prépare pour le lendemain un combat entre Maciste et un gorille...

La projection sera suivie d’une rencontre philosophique avec Alain Guyard dans l'espace gourmand.


Jeudi 26 août : LE SATYRICON

Réalisé par Federico Fellini en 1969 / 138 minutes

Avec  Hiram Keller (Ascyltus), Martin Potter (Encolpius), Max Born (Giton)…

Seul aux thermes, Encolpe laisse exploser sa colère contre Ascyltus, qu'il accuse d'avoir trahi leur amitié en enlevant Giton, un adolescent dont il est amoureux. Encolpe rejoint Ascyltus aux Thermes. Là, ce dernier raconte la nuit merveilleuse qu'il a passé avec Giton, excitant ainsi la jalousie de son "mari". Il déclare l'avoir ensuite vendu à Vernacchio, un homme de théâtre. Dans le théâtre, Encolpe retrouve Giton, déguisé en Cupidon. Un magistrat interrompt la bagarre qui s'ensuit et ordonne que Giton soit restitué à Encolpe. Encolpe et Giton courent, heureux, dans les ruelles de la Suburre. Puis ils arrivent à l'énorme construction surpeuplée de l'Insula Felicies. Ils entrent dans un appartement misérable, mais leurs étreintes sont troublées par l'arrivée d'Ascyltus. Giton est invité à choisir entre les deux étudiants, mais à la surprise de chacun d'eux, l'éphèbe décide de suivre Ascyltus. Désespéré, Encolpe pense se suicider, mais un tremblement de terre détruit l'insula, et il s'enfuit... 

 La projection sera suivie d'un mix dans l'espace gourmand.

 

Vendredi 27 août : SPARTACUS (V.O.)

Attention projection évènement de la copie unique version longue, restaurée. V.O. sous-titrée en français

Réalisé par Stanley Kubrick en 1959-1960, 198 minutes

Avec Kirk Douglas (Spartacus), Laurence Olivier (Marcus Licinus Crassus), Jean Simmons (Varinia)...

"Au dernier siècle avant l'Ere chrétienne, Rome était la maîtresse du Monde. "De toutes les choses, la plus belle, a chanté le poète, la première des Cités et la deumere des Dieux : telle est Rome la Dorée." Et cependant, au zénith de sa puissance, l'orgueilleuse république latine était rongée par une maladie qui devait lui être fatale : l'esclavage.

A cette époque, dans la province grecque de Thrace, possession romaine, une esclave accrut la fortune de son maître en donnant le jour à garçon qu'elle appela Spartacus. Un enfant esclave mais fier et rebelle, qui fut vendu à l'âge de douze ans pour travailler dans une mine, en Lybie. Là, sous le fouet et les chaînes, et le soleil implacable, il vécut une jeunesse infernale, en rêvant à la liberté pour tous les hommes, 2000 ans avant l'abolition de l'esclavage."

 

Présentation du Festival du Film Péplum d'Arles - Edition MMX

par Michel ELOY

 

Et nous voici repartis pour un nouveau Voyage dans le Temps sur l'écran large du théâtre romain !

Nous démarrons avec l'un des plus anciens livres de la Bible, celui de l'Exode, revisité par les Studios DreamWork de Steven Spielberg, Le Prince d'Egypte. Nous nous attarderons ensuite plus longuement sur Rome : d'abord avec Spartacus, l'épopée de la Troisième guerre servile, lorsque se dessine la fin de la République. L'ombre de Néron se profilera derrière le Fellini-Satyricon, adaptation de celui qui est sans doute le plus vieux «roman» de toute la littérature latine, suivi par Maciste et les Cent Gladiateurs, qui se passe sous le règne de son successeur Vitellius. Enfin, avec La dernière légion, un nouveau bond dans le Temps nous permettra d'assister à l'agonie de l'Empire romain d'Occident et... aux débuts de la geste arthurienne.

Le Prince d'Egypte (1998). — Nous sommes au XIIIe s. av. n.E., sous le règne du pharaon Séthi Ier — celui dont l'obélisque se dresse, aujourd'hui, piazza del Popolo à Rome ! Amis inséparrables, son fils le prince Ramsès II et son fils adoptif le prince Moïse vont s'opposer l'un à l'autre. «Des reconstitutions à vous couper le souffle, le tout traité en dessin animé, c'est-à-dire synthétisé, stylisé parfois jusqu'à l'outrance : les Egyptiens appartiennent à un univers graphique emprunté aux bas reliefs des temples, leur physique sculptural et parfait en font les «mauvais» selon une mécanique typiquement spielbergienne, les Hébreux eux sont asymétriques, en guenilles, d'aspect caricatural, ce sont les «bons».

Spartacus. — L'histoire est bien connue. En 73 av. n.E., avec soixante-quatorze de ses camarades, Spartacus s'évada de son école de gladiateurs à Capoue et, deux années durant tint le maquis en Italie, anéantissant plusieurs légions romaines. De nombreux esclaves fugitifs le rejoignirent et, à un certain moment, le nombre de ces rebelles tournera autour des 100.000. C'est finalement «l'homme le plus riche de Rome», M. Licinius Crassus qui, au printemps 71, aura raison des rebelles sur les bords du Silarus. Six mille d'entre eux pourriront sur les croix dressées le long de la voie Appienne, la chaussée qui relie Capoue à Rome. S'inspirant du roman d'Howard Fast (Prix Staline de la Paix, 1953), le scénariste Dalton Trumbo ostracisé par le maccarthysme — ce ne l'avait pas empêché sous divers pseudonymes de continuer à écrire pour Hollywood — revit enfin son nom apparaître au générique d'un film, à la demande courageuse de Kirk Douglas, vedette et producteur. Trumbo écrivit sept versions du script ! Mais avant de lancer son projet, Douglas dut d'abord patienter que la United Artists se décide à renoncer à porter à l'écran le Spartacus d'Arthur Koestler, dont Yul Brynner devait être la vedette ! Kirk Douglas engagea Anthony Mann comme metteur en scène, mais le vira après quinze jours car ce dernier subissait un peu trop l'influence de Charles Laughton qui avait tendance à tirer la couverture à soi. Non moins cabotin, Tony Curtis croyait lui aussi être la grande vedette du film, qu'il voyait comme l'histoire d'une amitié virile entre son personnage d'esclave lettré et l'ignorant chef de la horde ! Finalement la réalisation échut à Stanley Kubrick, qui s'empressa de la rayer de sa filmographie : Spartacus était le film de Kirk Douglas, et de lui seul ! A noter que l'histoire du gladiateur rebelle a maintes fois été portée à l'écran ..... Le téléfilm de 2004 prétend lui aussi se réclamer d'Howard Fast, en réalité du film de Douglas-Kubrick, et même en précise certains développements historiques négligés par la version 1960 (son encerclement dans le Bruttium, par exemple) mais n'en a pas le charisme. Quand à Howard Fast, c'était un peu vain de vouloir porter à l'écran son roman construit tout en flash-back alors qu'un film épique exige une continuité linéaire.

Plus récemment, la chaîne cablée américaine Starz a produit et diffusé une série Spartacus : Blood and Sand (2010) dont la première saison compte 13 épisodes (on vient d'entamer le tournage d'une seconde saison, Gods of the Arena), superbe opera de sexe et de violence filmé dans des décors virtuels à la manière de 300, et qui a suscité l'indignation de tout ce que la planète peut compter comme gens «bien pensants». Les vedettes en étaient l'anglo-australien Andy Whitfield et Lucy «Xena» Lawless...

Fellini-Satyricon. — «J'ai fait un film sur l'Antiquité qui raconte une histoire d'aujourd'hui», déclarait Fellini. Adaptation très libre du Satiricon (avec un «i»), l'œuvre inachevée de Pétrone dont il ne subsiste plus que quelques pages. Le film de Federico Fellini raconte les aventures picaresques, dans la Rome du Ier s. de n.E., de deux jeunes étudiants qui vont de mésaventures en mésaventures. «Chaque plan est une espèce de délire visuel, Fellini s'efforce de nous faire oublier tous les repères conventionnels de notre héritage chrétien. Il aborde la peinture de la décadence romaine avec le regard pur de celui qui décide de faire abstraction de deux mille ans de culture. Une telle ascèse aboutit à une œuvre unique, où chaque image surprend et déconcerte», note R.L. dans La Saison ciné­ma­to­gra­phi­que 1970. Fellini se moque éperdument de faire une reconstitution archéologique fidèle. Et pourtant, tout le monde croira à sa trouble vision. «Le tremblement de terre (qui détruit l'insula du lupanar), l'orgie avec ses danses (le festin de Trimalcion), le combat (contre le Minotaure), la bataille navale (sur la galère de Lichas). Tout cela apparaît sous un jour trouble et hallucinant, qui nous plonge dans des lieux peu explorés par le Péplum, à cause de leur caractère ambigu, peu en accord avec un genre cinématographique qui fait part belle à l'évidence en fixant à chacun un caractère univoque et immédiatement reconnaissable. Le théâtre où le sang coule véritablement, les funérailles et le mariage factices, le demi-dieu Hermaphrodite, le César androgyne témoignent du mélange permanent de la vie et de la mort, du masculin et du féminin, de la réalité et de la fiction...» (Nadine Siarri)

Maciste et les Cent Gladiateurs (Maciste, gladiatore di Sparta). — Le règne de Vitellius a peu été évoqué à l'écran, même si ce courtisan de Caligula, Néron etc. a figuré presqu'anonymement dans plusieurs films ou téléfilms. Au temps du muet, on trouve deux films français : La mort de Vitellius, empereur de Rome d'Henri Pouctal (Film d'Art Pathé, 1910) et La vengeance de Vitellius de Georges Denola et Pierre Decourcelle (SCAGL-Pathé, 1913). Petite bande de 400 m, le premier semble avoir inclu les turpitudes d'Héliogabale, si nous en croyons le titre d'exploitation américain (Vitellius and Heliogabalus). Par la suite on a brièvement aperçu Vitellius sous les traits de Gildo Bocci (Quo Vadis ?, Gabriellino D'Annunzio & Georg Jacoby, 1924), de John Woodvine (deux épisodes de la série TV The Cæsars, Derek Bennett, 1968), de Roy Purcell (Moi Claude, Herbet Wise, TV 1976), d'Enric Serra (Herodiade, TV 1985 — d'après Flaubert), de Jerzy Slonka (Quo Vadis ?, Kawalerowicz, 2001). Aujourd'hui, ce sera Peter White, pseudonyme de Franco Cobianchi, qui lui prêtera sa silhouette rondouillarde. On attribue à Aulus Vitellius, parcourant un champ de bataille, cette sentence cynique adressée à ses officiers incommodés par la puanteur : «Le cadavre d'un ennemi sent toujours bon.» Comme gouverneur de la Syrie, il destitua et renvoya à Rome Ponce Pilate, coupable d'avoir eu la main un peu trop lourde dans la répression de la révolte des Samaritains, en 36 de n.E. Suétone nous a laissé de lui le portrait d'un personnage goinfre, pleutre et ambitieux. Néron s'étant suicidé en juin 68, trois hommes se succédèrent rapidement à la tête de l'empire. D'abord Galba (emp. 11 juin 68-15 janvier 69) qui donna à Vitellius la Germanie inférieure à gouverner, puis Othon (emp. 15 janvier-16 avril 69). A la mort de Galba (janvier 69), Vitellius fut proclamé empereur par ses troupes (emp. 2 janvier-20 décem­bre 69), ce qui laisse à entendre que le «bouffon» ne manquait pas d'habileté puisque ses légionnaires lui accordèrent leur confiance. Othon ayant été défait à Bedriac (14 avril 69), Vitellius resta seul empereur à Rome, face à Vespasien que les Légions d'Orient venaient à leur tour de proclamer empereur ! Vitellius, qui rêvait de rétablir le néronisme (d'où sans doute les persécutions contre les chrétiens, qu'à tort lui attribue le film), eut à réprimer un premier complot à Rome, mené par Domitien, le fils cadet de Vespasien, secondé par Flavius Sabinus. Les conspirateurs se retranchèrent dans le Capitole, où Sabinus fut massacré tandis que Domitien s'en échappait déguisé en femme. La défaite de Crémone face aux légions vespasianistes sonna le glas pour Vitellius. Les Romains l'égorgèrent, le déchiquetèrent et, un croc de boucher planté dans sa carcasse, traînèrent son corps jusqu'aux égoûts sous les regards hilares de Domitien. Mais tout ceci n'est pas dans le film ! Il y avait cependant-là matière à un chouette scénar... Il est à noter que c'est Domitien — devenu empereur à son tour — et non pas Vitellius qui associera son nom à la seconde persécution des chrétiens, au cours de laquelle fut martyrisé le «judaïsant» Flavius Clemens, fils de son parent et précité complice Flavius Sabinus.

La dernière légion. — En 476 de n.E., le chef hérule Odoacre, mercenaire au service de Rome, s'estimant trop mal récompensé — il revendiquait la moitié de l'Italie —, dépose le dernier empereur, Romulus Augustule, un enfant. Tiré du roman de Valerio Manfredi, La dernière légion établit un pont entre l'Antiquité tardive et la saga arthurienne en imaginant une toute autre fin pour le dernier des César. Dans l'histoire officielle, celui-ci achevait ses jours assigné à résidence dans une villa de Campanie, mais l'on ignore au juste ce qu'il y devint. Le roman supposait que le jeune garçon s'évadait d'Italie et connaissait de nouvelles aventures dans l'île de Bretagne[1] où l'on se souviendra de lui comme d'Uther Pendragon — le père du roi Arthur — et où il établissait un royaume romano-breton, entouré de ses amis le tribun Aurelius et le druide Ambrosinus (alias Myrdin, Merlin). Ce n'est pas le lieu pour ergoter sur l'audace de cette thèse — dans L'Histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Montmouth, Ambrosius Aurelius est un seul et même personnage, frère d'Uther Pendragon[2] — mais par cette fiction le romancier italien avait réussi à peindre une fresque étonnante de la fin de l'Empire, et du déclin de la Bretagne abandonnée aux Barbares pat Rome (dès 404)...

 

 

 [1] C'est-à-dire la Grande-Bretagne

 [2] Tous deux fils du roi de Bretagne Constant, ils avaient passé leur enfance exilés à Bourges, dans le Berry. A la faveur d'une guerre opposant leur oncle usurpateur Vortigern et l'envahisseur saxon Hengist, Ambrosius Aurelius et Uther Pendragon reconquirent leur royaume et finirent par prendre à leur service le mage de Vortigern, Merlin — lequel construisit pour eux le cercle de pierre de Stonehenge. C'est cette version, énergiquement recomposée, qui offre la trame de La dernière légion. Ce qui ne va pas sans poser de délicats problèmes de chronologie : la victoire d'Ambrosius Aurelius au mont Badon, qui clôture le film, est habituellement datée vers 504 ou 507, soit près de trente ans après la déposition de Romulus Augustule; mais sur ces entre-faites le petit Thomas Sangster n'a pas pris une seule ride. Comme quoi le cinéma peut singulièrement contracter le temps ! 

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